LE CALVAIRE DES CIRCONCIS

DU HUITIEME JOUR

(Axe de la résistance)

 

Bonjour Les Ami(e)s !

Au diable les taboos ! Et celui en est un énorme !! 

« Il y a depuis la petite enfance jusqu’à la tombe, au fond du cœur de tout être humain, quelque chose qui, malgré toute l’expérience des crimes commis, soufferts et observés, s’attend invinciblement à ce qu’on lui fasse du bien et non du mal. C’est cela avant toute chose qui est sacré en tout être humain. »  Simone Weil (La personne et le Sacré).

Circonscrire Le Problème 

Les traditions préservent le tissu social, et sont respectables par principe. Mais certaines méritent un sérieux examen critique, parce qu’elles transgressent ce qu’il est convenu d’appeler le droit naturel, qui inclut le respect de l’intégrité physique, et qui prime logiquement sur la liberté religieuse. C’est le cas de l’ablation rituelle du prépuce, dite circoncision, théoriquement illégale en France en vertu de l’article 16-3 du Code civil :

« Il ne peut être porté atteinte à l’intégrité du corps humain qu’en cas de nécessité médicale pour la personne ou à titre exceptionnel dans l’intérêt thérapeutique d’autrui. Le consentement de l’intéressé doit être recueilli préalablement hors le cas où son état rend nécessaire une intervention thérapeutique à laquelle il n’est pas à même de consentir. »

Une distinction s’impose néanmoins en fonction de l’âge. Chez les musulmans, la circoncision – qui n’est pas mentionnée dans le Coran mais relève uniquement de la tradition (sunna) – est généralement pratiquée sur l’enfant entre cinq et huit ans, ou plus tard encore, vers dix ou même quinze ans, selon les traditions locales. On peut apparenter cette circoncision pubertaire aux « rites de passage » connues dans d’autres sociétés, par lesquels les jeunes mâles sont extraits du monde des femmes pour intégrer celui des hommes.

Telle n’est pas, cependant, la justification islamique classique de la circoncision. Les juristes musulmans du Moyen Âge y voyaient le moyen d’ « affaiblir l’outil de la volupté » et « modérer la concupiscence ». Souvent citée est cette phrase attribuée à l’imam Al-Razi (XIIIe siècle) :

« Le gland est très sensible. S’il reste caché dans le prépuce, il fortifie le plaisir lors de l’accouplement. Si le prépuce est coupé, le gland se durcit et le plaisir s’affaiblit. C’est ce qui convient le mieux dans notre loi : réduire le plaisir sans le supprimer totalement, un juste milieu entre l’excès et la négligence [1]. »

Aujourd’hui, par modernisme, certains inversent l’argument et disent que la circoncision ne nuit pas au plaisir, mais au contraire l’augmente . Quoi qu’il en soit – et je m’avoue incapable de porter un jugement sur ces questions délicates – la circoncision pubertaire se distingue de la circoncision infantile pratiquée chez les juifs, qui pose un problème spécifique. Contrairement à l’adolescent, le nouveau-né est totalement démuni psychologiquement face à la violence qui lui est faite. À huit jours d’âge, il se remet à peine du choc de sa sortie du sein maternel. Ce dont il a besoin par dessus tout, c’est de prendre confiance dans la bonté de la vie et la bienveillance absolue de ceux qui l’ont accueilli en ce monde, à commencer par sa mère. C’est la loi naturelle. Même les animaux savent cela.

Pour transgresser un droit naturel aussi fondamental, il faudrait un enjeu anthropologique de la plus haute valeur. Or, lorsqu’on cherche à s’informer de la signification que les juifs d’aujourd’hui donnent à la circoncision, on est confronté à une multitude d’interprétations contradictoires, et parfois à une grande malhonnêteté intellectuelle. Écoutons le Grand rabbin Marc-Raphaël Guedj :

« Lorsque le prépuce recouvre le gland, on a l’image d’un membre recroquevillé sur lui-même. Or ce membre, c’est le membre du plaisir. Et le plaisir recroquevillé sur lui-même veut dire qu’en fin de compte l’on va vers l’autre dans le désir de se satisfaire et non pas dans le désir du désir de l’autre. Donc la circoncision d’un point de vue juif, c’est l’inscription de l’altérité dans le corps, c’est-à-dire l’inscription de ce désir altruiste, pas seulement dans la conscience et dans le cœur, mais aussi dans le corps. […] C’est le signe de l’Alliance, parce que c’est à travers l’alliance avec l’autre que s’instaure l’alliance avec Dieu. Et ça, c’est la vision fondamentale du judaïsme : le judaïsme est d’abord éthique avant d’être religieux. […] la circoncision est l’expression […] d’une dimension universelle de l’éthique . »

On flaire l’entourloupette. Allons plutôt nous renseigner auprès de Dieu. Quel motif a-t-Il eu d’exiger qu’on mutile ainsi ceux qu’Il crée chaque jour à Son image ? La circoncision au huitième jour est en effet l’unique commandement donné à Abraham par Yahvé. Il prime donc sur les commandements de l’alliance mosaïque.

« Dieu dit à Abraham : “Et toi, tu observeras mon alliance, toi et ta race après toi, de génération en génération. Et voici mon alliance qui sera observée entre moi et vous, c’est-à-dire ta race après toi : que tous vos mâles soient circoncis. Vous ferez circoncire la chair de votre prépuce, et ce sera le signe de l’alliance entre moi et vous. Quand ils auront huit jours, tous vos mâles seront circoncis, de génération en génération. Qu’il soit né dans la maison ou acheté prix d’argent à quelque étranger qui n’est pas de ta race, on devra circoncire celui qui est né dans la maison et celui qui est acheté à pris d’argent. Mon alliance sera marquée dans votre chair comme une alliance perpétuelle. L’incirconcis, le mâle dont on n’aura pas coupé la chair du prépuce, cette vie-là sera retranchée de sa parenté : il a violé mon alliance.” » (Genèse, 17:9-14, Bible de Jérusalem)

Nommée en hébreu brith mila, « l’alliance de la coupure », la circoncision au huitième jour est un symbole adéquat du caractère purement terrestre du marché conclu entre Abraham et El Shaddaï (le nom sous lequel Yahvé se présente à ce stade, soit « le dieu destructeur », de el, « dieu », et shadad, « détruire ») : c’est en échange de l’offrande systématique du prépuce des nourrissons mâles que Yahvé promet à Abraham une descendance innombrable (« Je te rendrai extrêmement fécond, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi ») et une terre pour l’éternité (« À toi et à ta race après toi, je donnerai le pays où tu séjournes, tout le pays de Canaan, en possession à perpétuité ») (17:6-8).

Un traumatisme trans-générationnel

Parce que le nourrisson ne peut pas parler mais seulement hurler, les rabbins défenseurs de la circoncision au huitième jour parlent à sa place et minimisent sa douleur et sa détresse. Mais selon le professeur Ronald Goldman, auteur de Circumcision, the Hidden Trauma, des études scientifiques prouvent les dégâts neurologiques et psychologiques de la circoncision du nouveau-né, pour laquelle, rappelle-t-il, il n’existe aucun anesthésique adapté. Les changements de comportement observés chez le nourrisson après l’opération, incluant des troubles du sommeil et une inhibition dans la construction du lien affectif mère-enfant (mother-child bonding), sont les signes d’un syndrome post-traumatique. La perte traumatique de confiance en la mère, qui s’imprime durablement à un niveau subconscient à jamais inaccessible, est la source potentielle d’une haine inconsciente des femmes, dont les conséquences sociales sont peut-être considérables .

Selon le Professeur Roger Dommergue de Ménasce, qui se fonde sur les travaux de l’endocrinologue Jean Gautier, la circoncision juive provoque « de graves déséquilibres psycho-endocriniens », car au huitième jour précisément commence un moment capital de l’équilibrage hormonal qu’on nomme la « première puberté », et qui dure vingt-et-un jours. Juif lui-même, Roger Dommergue estime que cette pratique reproduite depuis des centaines de générations a joué un rôle déterminant dans la psychologie collective juive.

« Si, au moment précis où doit s’effectuer notre équilibration glandulaire, un traumatisme comme la circoncision vient provoquer des phénomènes métaboliques de cicatrisation, d’excitation, sur un organe sexuel primordial comme la verge, les secrétions destinées à mettre en activité la génitale interne, sont détournées de leur objet vers la sexualité, c’est-à-dire vers la reproduction et la jouissance sexuelle, qui recevront désormais la plus grande part des activités hormonales, et qui maintiendront la génitale interstitielle dans un état plus ou moins accusé d’hypofonction. […] Les autres endocrines organiques, thyroïde, hypophyse, surrénales, génitale reproductrice, seront d’autant plus puissantes et plus vivaces que la génitale interne sera en hypofonction . »

Il est difficile, avouons-le, de trouver des études corroborant cette théorie. Néanmoins, pour se faire une idée de l’impact psychologique négatif de la circoncision au huitième jour, il suffit, muni d’un minimum d’empathie naturelle et d’un peu de bon sens, de visionner les rares images disponibles de l’opération. Ceux qui n’ont pas le cœur suffisamment accroché pourront lire les témoignages de mères recueillies sur la page Web « Mothers Who Observed Circumcision ». L’une de ces mères se souvient quinze ans plus tard :

« Les cris de mon bébé restent incrustés jusque dans mes os. Son vagissement était celui d’un animal qu’on égorge. J’en ai perdu mon lait. »

La suite de cet article sur axedelaresistance.com

Voilà pour cette semaine les ami(e)s. Portez-vous bien toutes et tous.

Merci pour votre fidélité à ITV.

A très bientôt pour des nouvelles pertinentes (en tout cas je l'espère).

Namaste,

John Doe.

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