SOPHOCLE ET LE TRANSGENERATIONNEL

(Origine : wiki.geneasens.com) 

 

Bonjour Les Ami(e)s !

L'influence transgénérationnelle est-elle une réalité ? Les actes commis durant leur existence par nos ancêtres, ont-ils un impact, positif ou négatif, sur nos vies spirituelles ou matérielles ?

"Sophocle, le génial tragédien Grec fut pleinement reconnu de son vivant et reste une référence incontournable de la littérature classique. Avec Euripide et Eschyle, Sophocle domine de la tête et des épaules toute la production littéraire culturelle de la grande Athènes, berceau de notre démocratie. Mais cette reconnaissance, aussi importante soit-elle, reste, et de loin, incomplète. Elle ne porte que sur la partie visible de l’iceberg. Un peu comme si l’on n’avait retenu de Leonard de Vinci que ses machines révolutionnaires en oubliant de reconnaître la génialité de ses peintures.

Certes, les académiciens sont unanimes à encenser le grand homme et lui garantir l’immortalité. Mais leur domaine d’expertise n’a jusqu’ici pas intégré la dimension traditionnelle et thérapeutique de l’époque, indissociable de l’œuvre. Il aura fallu découvrir l’architecture transgénérationnelle qui sous-tend l’œuvre de Sophocle sur Œdipe pour restaurer ce lien avec les savoirs thérapeutiques traditionnels. Dans un article rédigé pour Geneasens, Thierry Gaillard, psychanalyste, revient sur le contexte si particulier de l’époque de Sophocle pour mieux comprendre les messages qu’il a glissés entre les lignes de son œuvre.

Dans la mythologie grecque, « Thémis » signifie « la loi divine », elle est la déesse de la justice immanente, c'est-à-dire la justice qui ne passe pas par la médiation d'une procédure judiciaire humaine, mais qui relève directement de la justice des dieux qui sont les gardiens du cosmos et du bon ordre des choses. Dans cette mythologie les dieux frappent tous ceux qui viennent troubler l'ordre de l'univers. Selon Ivan Boszormenyi-Nagy, un psychanalyste d'origine hongroise et l'un des pères de la thérapie familiale il existe une « loyauté familiale invisible. C’est dans cet ordre d'idées que l’on trouve la notion de « justice immanente à l’intérieur de chaque arbre généalogique » et de comptabilité des mérites et des dettes. Dans l’étude partielle du cas que nous vous proposons de découvrir, vous pourrez constater que « Madame Martin » véritable « Thémis » de son histoire familiale, a voulu remettre (inconsciemment) de l’ordre dans son univers généalogique, en réparant l’injustice de son grand père à l’égard des esclaves noirs.

Sophocle, grand maître du transgénérationnel

"Parce qu’il défend une thérapeutique de l’âme des hommes, concernant leur advenir en tant que sujet, Sophocle ne saurait se contenter des artifices mis en place par les nouvelles lois sensées faire table rase des héritages transgénérationnels inconscients. Avec l’épidémie de peste au début d’Œdipe-roi Sophocle dénonce les conséquences néfastes pour une cité d’avoir perdu ce rapport aux origines : un roi qui ne se connait pas et qui ignore l’identité de ses géniteurs. Dans les deux pièces qu’il consacre à Œdipe, Sophocle révèle le fonctionnement de certaines lois non écrites, notamment en ce qui concerne les aliénations transgénérationnelles et leur intégration. Son message est fidèle aux anciennes traditions prescrivant la nécessité de purifier son âme, de la libérer du poids des événements non intégrés, qu’ils soient conscients ou inconscients, visibles ou invisibles, ou hérités des ancêtres. Qu’un tel enseignement se retrouve entre les lignes des écrits de Sophocle n’a rien de surprenant puisque les anciens Grecs reconnaissaient aux œuvres poétiques des vertus thérapeutiques, allant jusqu’à les utiliser dans des cures, par exemple à Épidaure."

Témoignage : Thémis et la justice immanente de la famille Martin

"Dans le cas de Madame Martin, il est probable que la date anniversaire de l’abolition de l’esclavage ait été choisie inconsciemment, pour la programmation de la naissance de sa fille. Car l’inconscient fait des calculs et peut programmer les événements personnels importants comme l’engendrement d’une filiation. 

Lorsqu’elle se rend compte de la signification de cette date hautement symbolique qu’est la libération de l’esclavage, le premier mouvement de Madame Martin est de penser que c’est un bon signe pour sa fille. Mais tout compte fait, elle se rendra compte par la suite que c’est elle qui s’est libérée enfin d’une position d’esclave dans laquelle elle s’était mise pour payer la dette de son grand-père. En effet, elle avait vécu toute sa relation sous l’emprise du père de sa fille - avec lequel elle n’était pas mariée - de race noire et dont les arrières-arrières grands-parents étaient des esclaves. Elle pense maintenant qu’il avait, inconsciemment, envie de venger ses aïeux humiliés en traitant en esclave la descendante de l’esclavagiste raciste. 

Elle était devenue esclave, elle « la Blanche », au point que son compagnon avait eu le droit de vie et de mort sur ses trois grossesses dont deux avortements, avant la naissance de leur fille métissée. Le géniteur n'ayant pas reconnu son enfant – de la même façon que l'aurait fait un « Blanc » lors d'une naissance d’un petit métis au temps de l'esclavage - elle donne donc son nom de famille à sa fille avec fierté. D'autant plus que celui-ci « Martin », venant du grand père esclavagiste, va s'éteindre puisque les frères de Madame Martin n'ont eu que des filles. 

Ironie du sort : la seule enfant qui porte le nom du grand père raciste est une enfant métisse ! Le grand-père peut se retourner dans sa tombe: son nom est aujourd’hui porté par une enfant de couleur. Thémis a frappé fort !"

Pour aller plus loin: wiki.geneasens.com

Voilà pour cette semaine les ami(e)s. Encore un peu plus de matière à réflexion.

Portez-vous bien toutes et tous.

Merci pour votre fidélité à ITV.

A très bientôt pour des nouvelles pertinentes (en tout cas je l'espère).

Namaste,

John Doe.

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